Cinéma : Décès du réalisateur Souleymane Cissé/ Le FESPACO perd son président du jury à trois jours de l’ouverture du festival

  • Par Ethmane Issa
  • 20 Fév. 2025
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Le célèbre réalisateur malien Souleymane Cissé, s’est éteint ce mercredi 19 fevrier 2025 à Bamako, a annoncé sa fille, Mariam Cissé. Agé de 84 ans, Souleymane Cissé était considéré comme l’un des pionniers du cinéma africain.


« Papa est décédé aujourd’hui à Bamako. Nous sommes sous le choc. Toute sa vie, il l'a consacrée à son pays, au cinéma et à l’art »

a-t-elle déclaré.

Sa disparition survient à 3 jours de la 29e édition du FESPACO, où il aurait dû présider le jury « fiction long métrage ». Figure emblématique du cinéma, Souleymane a remporté à deux reprises, l’Étalon de Yennenga, le grand prix du Festival Panafricain du Cinéma et de la Télévision de Ouagadougou ( Fespaco), avec ses deux films, Baara en 1978, et Finyè en 1982.

L’homme s’est aussi illustré de fort belle manière sur la scène internationale. Il remporte en 1987, le prix du jury à Cannes avec son joyau cinématographique Yeelen. « Yeelen » qui littéralement signifie lumière, raconte le long parcours initiatique d’un jeune homme issu d’une illustre famille bambara.

 « Je suis très ému. Je suis venu à ce festival pas pour gagner des prix mais pour une ouverture plus large. Pour que le cinéma soit universel. Ce prix n’est, je pense, pas pour moi mais surtout pour ceux qui m’ont aidé de l’autre côté et qui n’ont pas le droit de parler. Merci ! », avait déclaré Souleymane Cissé dans son discours.

Le parcours de cette icône n’a pas été un long fleuve tranquille. Son premier long métrage Den Muso « La jeune fille », qui raconte le drame d’une fille-mère muette et abandonnée dont il fait le symbole de l’oppression des femmes, sort en 1975. Interdit au Mali, ce film lui vaut un séjour en prison, épreuve qui n’empêche pas le cinéaste de poursuivre sa carrière et d’exprimer librement ses pensées.

A l'instar du célèbre écrivain malien défenseur de la tradition orale, Amadou Hampaté Ba, Souleymane Cissé était aussi considéré comme le défenseur du septième art, en Afrique subsaharienne. Il a exhorté toute sa vie les autorités maliennes à construire des salles où pourraient être projetés les films d’une jeune génération de cinéastes africains. Souleymane Cissé laisse derrière lui, un immense héritage cinématographique qu’il faudra préserver.

 

 

 

 

 

 

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