Congo Brazza : Un héritage culturel inexploité. (2ème partie)

  • Par Akina De Kouassi
  • 13 Janv. 2021
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La République du Congo compte environ 5,244 millions habitants en 2018. Sa culture reflète la diversité des centaines de groupes ethniques du pays et leurs coutumes.


Comme bon nombre de pays africains, le Congo n’a pas échappé aux conséquences des instruments géométriques de la conférence de Berlin. En effet, du 15 novembre 1884 au 26 février 1885, à l’initiative du chancelier allemand Otto Von Bismarck, l’Europe a procédé au partage de l’Afrique morceau par morceau, sans se soucier de ses frontières ethniques existantes.

L’une des conséquences de ce partage qui n’a pas tenu compte de l’ethnicité des populations, est le regroupement de plusieurs peuples de différentes sociologies et de diverses cultures. Ce brassage, loin d’être un handicap, a  au fil des temps constitué une véritable richesse culturelle pour l’ensemble du pays. Car, en ce qui concerne la République du Congo, sa population est composée de plus d’une soixantaine ethnies, dont les Kongos sont les plus nombreux (32,4 %), suivis par les Tékés (12,4 %) et les Yombés (11,2 %). Les autres ethnies réunies représentent plus de 40 % de la population.

 

Les Mbochi

Les Mbochi sont une population de langue bantoue provenant de la région des grands lacs d'Afrique centrale. Ce groupe ethnique à laquelle appartient l’actuel Président de la République, Denis Sassou-Nguesso, s’est établie après une migration de l'est vers le centre, aux alentours des années 1850 en République du Congo. D'autres communautés Mbochi vivent à l'ouest de la République Démocratique du Congo (Ngombe), ainsi qu'à l'est du Gabon.

Troisième grand groupe ethnique du Congo, les Mbochi rassemblent une dizaine d'ethnies : Likouaka, Mbochi, Likouba, Kouyou, Makoua, Bonga, Boubangui, Moye, Ngaré et Mboko. Ils sont implantés dans le Nord du département des plateaux (Ongoni, Ollombo, Abala), dans les départements de la Cuvette et de la Cuvette Ouest, autour d'Owando, Mbono, Etoumbi, Mbana, Mossaka, Ovo, Makoua et le long de nombreuses rivières poissonnières et navigables telles que la Likouala, le Kouyou, l'Alima et la Sangha. Peuple d'éleveurs (volaille, ovins et caprins) et de pêcheurs en rivières, les Mbochis sont aussi agriculteurs : café, cacao, tabac, riz…

Les Lari

Les Lari sont un sous-groupe des Kongo, à l'instar des Vili ou des Yombé. Nés vers la fin du xixe siècle, les Lari représentent aujourd'hui entre 20 et 25 % de la population totale du Congo.

Au Congo, les Lari vivent dans les villes de Brazzaville et Pointe-Noire ainsi que dans le département du Pool, où ils constituent la quasi-totalité de la population. Au lendemain de l’indépendance, la langue des Lari a tout de suite servi de relais à l'administration coloniale. Ainsi, elle est utilisée par les instituteurs, les infirmiers, les administrateurs civils, les militaires, les policiers et les commerçants.

Les Beembe

Les Beembe sont un groupe ethnique kongo vivant au sud de la République du Congo, dans le département de la Bouenza, autour de Mouyondzi. Ils sont estimés à plus de 80 000 dans cette région. Cependant, quelques communautés Beembe sont aussi établies dans le nord de l'Angola et au nord-ouest de la République démocratique du Congo.

Les Beembe ont la renommée d’être des sculpteurs de petites statuettes représentant leurs ancêtres, qui portent des scarifications abdominales. Certaines sont dotées d'un torse allongé et d'épaules aplaties. D'autres, plus réalistes, mettent en scène des chasseurs.

Aussi divers qu’ils sont, les peuples du Congo représentent une culture cosmopolite, caractérisée par l’inspiration divine. Car à l’origine, ces cultures tirent leurs sources de la cosmogonie africaine.

Toutefois, depuis la fin du XIXe siècle, les modes de vie traditionnels ont été modifiés à la suite de la colonisation. Même si les coutumes et les cultures traditionnelles du Congo restent encore en grande partie préservées.

Du mimétisme à l’aliénation culturelle

Le cas du Congo n’est pas isolé. La plupart des Etats africains souffrent du syndrome du mimétisme culturel du colonisateur, au mépris de leur propre culture.

En effet, l’une des idéologies colonialistes qui reste encore encrée dans les mémoires nègres, est le mythe de l’Occident, de sa puissance technologique et de son modèle économique, véhiculé sciemment par l’école, ce qui a relégué au second plan les « valeurs authentiques » définissant l’originalité des cultures locales.

Au Congo, la capitale Brazzaville doit son nom à l’italien, naturalisé français, l’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza. Ce nom en hommage est-il une reconnaissance du colonisateur pour ses bienfaits envers le peuple Congolais ? Ou bien, est-ce un complexe pour un peuple qui garde dans son ADN les stigmates de la colonisation ? Le peuple congolais, diversement constitué comme on vient de l’indiquer plus haut, n’est-il pas assez riche pour trouver un nom tiré de son répertoire linguistique pour baptiser sa capitale ?

Toutefois, en ce qui concerne le Congo, il est judicieux de préciser que ce pays est un symbole fort de la diversité culturelle sans complexe à travers la langue vernaculaire, le lingala qui est couramment parlé et beaucoup plus usité après le français.

Source : Wikipedia

 

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