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Economie/ ngozi okonjo-iweala, une africaine au conseil d'administration de twitter.

Son parcours est exceptionnel. Et elle est l’une des rares femmes africaines à avoir marqué la vie aussi bien politique qu’économique de son pays d’origine, le Nigéria. Découvrons-là…

Née le 13 juin 1954 à Ogwashi-Ukwu, dans le Delta du Niger d'une professeure de sociologie et d'un professeur d'économie, ses parents sont les chefs traditionnels, avec rang royal.

Adolescente, en 1969, lors de la guerre du Biafra dans sa région natale, elle porte sa petite sœur, subissant une crise de malaria, à une clinique à 10 km de là, arrive à accéder à l’établissement malgré une foule massée à son entrée et obtient une injection de Chloroquine, qui sauve l'enfant. Par ailleurs, elle poursuit quelques années plus tard des études supérieures et sort diplômée de deux des universités américaines les plus connues, Havard et du Massachusset Institute of tecnhology.

Elle entre à la Banque mondiale en 1982, et suit sur le terrain les projets financés par cet organisme puis devient secrétaire du conseil d'administration de la Banque à la demande de James Wolfensohn. En 2003, le président nigérian Olusegun Obasanjo l'appelle pour devenir ministre des Finances. Elle quitte Washington, où restent son mari et ses quatre enfants, pour revenir dans son pays natal. Sous sa direction, des entreprises industrielles publiques sont privatisées, et une concurrence se développe dans les télécommunications. Elle lutte contre la corruption, publiant les recettes de l'industrie pétrolière ainsi que les sommes versées aux collectivités locales, pour que « l'argent du pétrole aille dans les écoles et les hôpitaux plutôt que dans les poches de quelques-uns ». Elle lance des procédures de révocation sur des ministres, des juges, des militaires, des gouverneurs, et le chef de la police nationale, gagnant le surnom de «Okonjo-Wahala» (en langue Yorouba), ce qui peut se traduire par «l'emmerdeuse»). Elle consacre également son énergie à réduire et renégocier la dette publique de son pays et y réussit assez bien.

Les pays créanciers du Club de Paris créent un programme spécial de remboursement pour le Nigeria, et effacent pour 18 milliards de dollars dans cette dette. En 2006, à l'approche des élections présidentielles, elle se voit proposer un autre ministère, celui des affaires étrangères, mais elle préfère quitter le gouvernement, la période se prêtant moins aux actions de fond. Le bilan de son mandat au ministère est flatteur. Par ailleurs, elle a créé également un fonds spécifique pour les femmes africaines chefs d'entreprise.

Redevenue disponible, elle est rappelée en 2007, par le président de la Banque mondiale,Robert Zoellick, qui fait d'elle sa directrice générale.

Entre-temps, elle est de nouveau ministre des Finances, de 2011 à 2015

En septembre 2015, quittant le gouvernement, elle devient présidente du conseil d'administration de GAVI ALLIANCE, une organisation favorisant l'accès à la vaccination en Afrique. Il y a plusieurs semaines, l’ancienne directrice de la Banque mondiale a rejoint le conseil d’administration du réseau social TWITTER.

Sa nomination intervient alors que Twitter et d'autres géants de la Sillicon Valley font face à des critiques pour le manque de diversité de leurs conseils d'administration. L'entreprise compte ainsi trois administratrices pour dix membres. Et seulement 38% de femmes employées, fin 2017.  

Malgré ses 860 000 followers, Ngozi Okonjo-Iweala n'est pas une utilisatrice assidue de Twitter, ce qui lui vaut quelques critiques. Mais son aura est surtout une passerelle vers le continent africain où le réseau social connait une popularité grandissante, notamment en matière politique.

Sur son compte Twitter, Ngozi Okonjo-Iweala a dit sa reconnaissance à « l'effusion » de félicitations. « Reconnaissante pour l'effusion de félicitations, d'amour et de soutien de toutes les parties du monde sur le rendez-vous sur Twitter, y compris de nos anciens dirigeants », et elle ajoute dans un deuxième tweet : « Je suis particulièrement reconnaissante pour l'amour et le soutien de mes compatriotes, Nigérians et Africains ».

Sam Livane

 

 

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