Artisanat : LE TAPIS BERBERE, SYMBOLE DE TOUTE UNE CULTURE

  • Par Ethmane Issa
  • 21 Mars 2024
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"Ici, vous ne trouverez aucune habitation sans un métier à tisser, ou un tapis accroché au mur. Ce n’est pas possible car chez nous, une maison sans tapis, c’est comme une maison abandonnée ou sans piliers", martèle une femme berbère.


        Elle est naturellement fière et admirative de ce qui représente un patrimoine culturel pour les tribus amazighs. L'amazigh faut-il le rappeler, fait partie des premiers habitants de l'Afrique du Nord.

       Parcourir des milliers de kilomètres pour découvrir l'histoire des femmes berbères au Maroc, ainsi que leurs activités si passionnantes, vaut bien son pesant d'or. Pas que, Maroc est un véritable pôle d'attractions, tant au niveau culturel que touristique, à l'image de la ville de Marrakech. De l'avis de certains ressortissants marocains vivant en côte d'ivoire, c'est quasiment impossible pour les férus de la décoration, les amoureux du beau de revenir, sans s'offrir au moins un tapis berbère. C'est une œuvre d'art. Aucun tapis ne ressemble à l'autre. L'une des particularités des tapis berbères, ce sont des modèles uniques, dont les motifs et couleurs sont créés au gré des envies et des inspirations de l'artisane. Plus qu'un tapis, c'est l'expression d'une identité culturelle très forte : les laines, les techniques de tissage, les couleurs, les figures géométriques, diffèrent d'une tribu et d’un village à un autre. Aussi, chacun des tapis confectionné raconte sa propre histoire ou du moins, celle qui l'a créé. Derrière ce trésor dont seules les femmes berbères détiennent le secret de fabrication, se cache tout un mystère.  

Un art ancestal

     Dépositaires de techniques ancestrales, des milliers de femmes marocaines avec dextérité, tissent éminemment, à longueur de journées, ces créations qui s'arrachent désormais aux quatre coins du globe. En Afrique, Amérique, en Europe ou en Asie, les tapis des Imazighen vont au-delà des frontières marocaines. Mais pour avoir ce trésor, ce sont des mois et des mois consacrés à la confection de ces matières.

       Tout commence par le choix de la laine, la matière première. Les femmes choisissent les moutons dans les montagnes du haut de l'Atlas et les tondent. La laine naturelle est ensuite lavée et érodée, pour enlever tout résidus. Vient ensuite le filage à la main. Elles entortillent la laine pour avoir les fils composés 100% de laine. Lesquels fils seront par la suite tissés avec finesse. Les temps passent, mais cette technique ou la pratique qui se transmet de générations en générations, demeure. En tant que symbole de l’artisanat féminin et de l’héritage culturel marocain, posséder un tapis est une véritable fierté pour un marocain. Idem pour l'amoreux du made in Maroc. Ces tapis sont bien plus que de simples objets décoratifs ; ils sont le reflet d’une tradition ancienne et de l’expertise des artisanes qui les créent.

Focus sur le musée Boucharouite à Marrakech

        Le Boucharouite ou encore appelé tapis du pauvre, constitue les toiles de ce musée. Confectionné à partir du textile de récupération, les passionnés de l'art contemporain à l'image du directeur de ce musée Patrick de Maillard, y voient un moyen d'expression pour les artisanes souvent illettrées. Aujourd'hui à Marrakech la cité touristique, ce musée où plus de 400 tapis sont exposés, est un temple artistique qui semble sauver un pan du patrimoine marocain de l'oubli. Le prochain article sera entièrement dédié à l'art contemporain marocain et aux artistes du terroir dont leur art, va au-delà des frontières marocaines.

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